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Entretien avec la Fédération Wushu France : pour une renaissance du Wushu!

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Visvictus : Bonjour Hervé Baudoux. Pouvez nous dire ce qu’est le WUSHU ?

Hervé Baudoux : Le Wushu désigne l’ensemble des arts martiaux chinois sans distinction de style ni de forme. Wushu en chinois veut dire art martial. Il faut spécifier la discipline. Les fédérations jusqu’alors se sont évertuées à scinder en trois branches le Wushu. Hors, dans le concept chinois c’est indivisible,

on ne peut pas scinder l’interne, l’externe et la technique.

Visvictus : Pouvez-vous vous présenter vos missions et vos rôles au sein de la Fédération WUSHU France (FWF) ?

H.B : En ce qui me concerne cela fait 31 ans que je pratique les arts martiaux. Je suis ancien compétiteur national. J’ai également été arbitre et juge national pendant 12 ans,  ainsi que membre de plusieurs comités directeurs, président de la ligue Ile de France et de la Seine et Marne. Et surtout membre des comités directeurs : la FFW, la FFKAMA, la FWS. Ayant bourlingué un peu partout je connais très bien les fédérations, est c’est à partir de là que j’ai cru qu’il était temps de créer la mienne.

Portrait d’Hervé Baudoux :

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Visvictus : Qu’est-ce qui distingue la Fédération Wushu France des autres ?

H.B : La délégation ministérielle a été donnée à la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKDA). Il y a un comité Wushu au sein de la fédération de Karaté, dans un « fourre-tout » appelé disciplines associées. Le Wushu n’est pas une discipline associée.

Soit dit en passant, quand on fait l’historique, le Karaté vient du Wushu.

Pour moi et ceux qui me suivent, les arts martiaux chinois sont tellement riches que pour nous c’est une gageure de renverser la vapeur et redonner leur lettre de noblesse aux arts martiaux chinois. En effet, pour nous et même pour les Chinois, personne ne comprend comment le ministère a donné la délégation à une fédération de Karaté pour les arts martiaux chinois. Historiquement, entre le Japon et la Chine ça n’a jamais été le grand amour.

A haut niveau, dans les instances internationales, ils n’ont toujours pas compris la décision du ministère. Étant un réel passionné des arts martiaux chinois j’en tire le même constat.

Globalement, ce qui me fait mal (et ça je l’ai dit aux intéressés), c’est que les pratiquants ont suivi la fédération délégataire (FFKDA) pour différentes raisons : ils ont des athlètes en équipe de France, donc pour ne pas perdre le statut de haut niveau ils ont rejoint la FFKDA. Pour d’autres, cela s’est fait pour des besoins de grades, pour des diplômes officiels…. Pour moi c’est clair : s’ils ont besoin d’officialité il faut aller au Karaté.

Hors, si l’on veut réellement défendre les intérêts du Wushu, ils peuvent rejoindre La FWF. Ce pour quoi je me bats c’est la passion.

C’est pour cela que j’ai constitué cette fédération. Au départ nous étions 480 membres en 2014. Aujourd’hui nous sommes plus de 1000. Nous avons 37 clubs affiliés en France.

Visvictus : Quel mode de fonctionnement au sein de la FWF ?

H.B : La plus démocratique possible. Pour toute décision importante, c’est le comité directeur qui est l’organe exécutif. Je suis une voix parmi les autres. Nous consultons également les licenciés, car la FWF se veut être au service des licenciés. A ce jour, le bureau est composé d’un président, d’un secrétaire, d’un trésorier, d’un vice-président, d’un responsable national du Qi Gong, d’un responsable national du Tai Chi Chuan et du Shaolin Chan. Au comité directeur nous avons un médecin fédéral qui a l’avantage d’œuvrer dans plusieurs commissions y compris au Karaté. D’ailleurs lui-même est issu du Karaté. Il s’appelle Abdelhamid Saïdi. Chef de service du CHU de Lyon.

Voici la composition complète de la Fédération

Ainsi que :

  • Trésorier:Elias Kerroucha
  • Responsable Commission Développement : Lionel Ferrah 1er Duan
  • Responsable Commission Informatique:Alexandre Garbowski
  • Adjoint Région Nord:Jérémie Fontaine 3e Duan
  • Adjoint Région Sud :Benjamin Linarès

Pour être au comité directeur, il faut allier des qualités techniques, humaines et un minimum d’ancienneté, avoir des diplômes… mais bien sur un diplôme on peut l’avoir à l’instant « T ». Si on ne se remet pas en question, ça n’a plus de valeur. Je fuirais comme la peste des businessmen (et j’en connais), des gens qui ne penseraient qu’à faire du fric au détriment de la discipline.

Visvictus : Quels objectif à venir pour la FWF ?

H.B : Ça ne me ravis pas mais c’est le constat que je fais :

le niveau est en décroissance.

Celui des élèves et des professeurs. Nous allons créer nos propres diplômes fédéraux, l’AFAB : c’est l’Attestation Fédérale d’Assistant Bénévole, afin de donner une position à une personne qui aide depuis des années son professeur mais qui n’a pas de diplôme. Ce sera une formation courte. Elle durera 8 heures.

Cette formation pourra servir de passerelle à une deuxième formation que l’on va lancer qui est le certificat de moniteur, qui lui est en 64 heures.

Nos formateurs ont des profils différents : DEJEPS, STAPS. D’autres ont un haut niveau technique.

Visvictus : Quels objectifs sportifs ?

H.B : Et bien nous revenons d’Arménie ! Je ne savais pas combien de médailles nous ferions. Je leur ai dit que peu m’importait le résultat. L’idée était de créer une cohésion de groupe, une dynamique. C’est pour moi primordial, car il s’est passé une chose qui a desservit le Wushu Français.

La fédération délégataire (FFKDA) n’a envoyé aucun athlète au championnat d’Europe à Moscou. Les athlètes ont dû partir seuls, en indépendant, en auto financement.

Virginie Gatellier en est la preuve. Et je trouve honteux qu’une équipe délégataire avec une bourse allouée, nous parle d’une simple erreur administrative. J’ai eu le vice-président de la fédération européenne qui m’a dit : « on les a relancé 5 fois… ». Pour une erreur administrative, 5 fois ça fait beaucoup… ! Il faut savoir que les athlètes, eux se sont entraînés pour l’événement. Et quand parfois même, une semaine avant, on leur dit, non on n’y va pas… Ils ont, en toute logique, créé beaucoup d’insatisfaits.

de gauche à droite : Hervé Baudoux,Président FWF,Mohamed Zahri,entraîneur National Sanda ,Delphine Stambouli (Compétitrice Sanda),Thomas Nguyen( (Compétiteur Sanda),Jonathan Nguyen (Compétiteur Sanda),Alexis Lehecq,( compétiteur Taolu),Yousra Lagseimi ( compétitrice Taolu),Guillaume Carpentier ( compétiteur Taolu),Docteur Abdelhamid Saidi,médecin Fédéral FWF
de gauche à droite : Hervé Baudoux,Président FWF,Mohamed Zahri,entraîneur National Sanda ,Delphine Stambouli (Compétitrice Sanda),Thomas Nguyen( (Compétiteur Sanda),Jonathan Nguyen (Compétiteur Sanda),Alexis Lehecq,( compétiteur Taolu),Yousra Lagseimi ( compétitrice Taolu),Guillaume Carpentier ( compétiteur Taolu),Docteur Abdelhamid Saidi,médecin Fédéral FWF

Globalement, avec ma petite fédération, nous avons pu faire partir une équipe en Arménie. Avec un résultat de 5 médailles d’or, 3 médailles d’argent et 1 de bronze. Et la fédération délégataire n’envoie personne… le questionnement se pose de lui-même.

Visvictus : Quel encadrement de l’équipe de France sur le plan sportif et nutritionnel ?

H.B : Pour l’instant, tant que l’on n’aura pas une plus grosse représentativité en terme d’adhérents, et une équipe constituée officielle FWF qui pourra nous représenter sur les tapis de France de Navarre et du monde, on ne pourra pas monter des entraînements spécifiques d’une équipe de France FWF en vue de championnats importants.

Informations sur la FWF :