Imagination visualisation motrice

Importance de l’imagination, de l’observation dans l’apprentissage moteur

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visvictus“Un lexique des différents termes utilisés (en gras italique dans le texte) est disponible en fin d’article. Ceci est indispensable à la bonne compréhension du texte ci-dessous.”

L’apprentissage moteur

L’apprentissage moteur peut être défini comme la construction de modèles internes mettant en relation les informations sensorielles et motrices, divisée en plusieurs étapes requérant différents processus cognitifs, sans lequel la réalisation parfaite de toute topocinèse ou morphocinèse ne pourrait être envisagée.

En début d’apprentissage, les ressources attentionnelles sont majoritairement allouées à la tâche motrice et à ces conséquences, alors que par la suite, l’automatisation de certaines séquences ou d’enchaînements entre différentes séquences permet de libérer les ressources attentionnelles à d’autres fins, comme la prise d’informations pertinentes dans l’environnement, afin de sélectionner la série d’actions la plus adaptée.

À ce stade, une représentation de l’action motrice est conservée en mémoire à long terme, permettant le bon déroulement des exécutions motrices ultérieures.

L’observation et l’imagination dans l’apprentissage moteur

“Les représentations motrices permettant d’exécuter un mouvement donné sont également activées lorsqu’un individu simule mentalement ce mouvement, observe son exécution par une autre personne, ou même lorsqu’il le verbalise.”

En effet ceci s’explique par la découverte, de certains neurones du cortex cérébral, identifiés comme des neurones miroirs. Les neurones miroirs sont une catégorie de neurones du cerveau qui présentent une activité aussi bien lorsqu’un individu (humain ou animal) exécute une action que lorsqu’il observe un autre individu (en particulier de son espèce) exécuter la même action, ou même lorsqu’il imagine une telle action, d’où le terme miroir.

L’équivalence fonctionnelle entre ces différents processus, sous-tendue par des structures corticales communes du cortex pré moteur, du cortex préfrontal, de l’aire motrice supplémentaire (AMS) et du lobule pariétal, explique en partie pourquoi l’observation et la visualisation, par exemple, permettent une modification de la performance motrice.

Structures corticales Cerveau humain
Structures corticales Cerveau humain

Bien que les intensités d’activation des différentes zones corticales diffèrent pour la simulation et l’exécution réelle du mouvement, cette activation correspond à la mise en place d’un modèle interne permettant d’anticiper le déroulement du mouvement, ainsi que ses conséquences sensorielles attendues.

Par conséquent, les capacités de représentation et de raisonnement spatial d’un individu influencent, et sont influencées par l’activité motrice qui l’anime, ce qui explique en partie la popularité des techniques d’imagerie utilisées dans le monde sportif, ainsi que leur effet attesté sur la performance.

Lexique :

Cognitifs : Adjectif qualificatif se rapportant à la connaissance. La cognition est l’ensemble des grandes fonctions liées à la connaissance (perception, langage, mémoire, raisonnement, décision, mouvement…).

Topocinèse : Générateur spatial, atteinte d’un objectif spatial repéré.

Morphocinèse : Générateur de formes, production d’une forme gestuelle.

Cortex cérébral : Le cortex cérébral (ou écorce cérébrale), désigne la substance grise périphérique des hémisphères cérébraux. Il se compose de trois couches (pour l’archi- et le paléo-cortex) à six couches (pour le néocortex) renfermant différentes classes de neurones.

Cortex pré moteur : partie du lobe frontal du cerveau située en avant des régions motrices. Le rôle du cortex prémoteur est de planifier et d’organiser le mouvement, tandis que le cortex moteur va implémenter la réalisation précise de la commande motrice en direction des motoneurones.

Cortex préfrontal : Cette région est le siège de différentes fonctions cognitives dites supérieures (notamment le langage, la mémoire de travail, le raisonnement, et plus généralement les fonctions exécutives). C’est aussi la région du goût et de l’odorat. 

L’aire motrice supplémentaire (AMS) : L’aire motrice supplémentaire et l’aire prémotrice permettent la préparation du mouvement en fonction des stimuli externes (sensitive) ou internes (mémoire) reçus.

Lobule pariétal : Le lobe pariétal est considéré comme un cortex associatif hétéromodal. C’est-à-dire qu’il joue un rôle important dans l’intégration des informations issues des différentesmodalités sensorielles (vision, toucher, audition). Cette région du cerveau est notamment impliquée dans la perception de l’espace et dans l’attention.

Bibliographie

D. Moreau, A. Mansy-Dannaya, J. Clerca, A. Guerriena : Présentation d’un outil original mesurant la qualité des représentations motrices en sports de combat : le test spécifique d’imagerie du mouvement (MIST), Science & Sports (2012) 27, e77—e84. Elsevier Masson.

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