nizar gallas victory 2 ceinture mondiale

Nizar GALLAS, kick-boxeur toujours prêt : ” pour la prochaine ceinture mondiale en fin d’année, mon adversaire devra être une arme de guerre, parce que moi, je le serai!”

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Visvictus : bonjour Nizar. Peux-tu te présenter ?

Nizar Gallas : bonjour Estelle. Je m’appelle Nizar Gallas, j’ai 35 ans, je suis Clichois et je suis Chargé de Mission Relations entreprises pour la ville de Clichy. Je boxe à Levallois de puis 3 ans maintenant.

Visvictus : peux-tu nous raconter ton parcours sportif ? A quel âge as-tu démarré le sport, et avec quel sport d’ailleurs ?

Nizar Gallas : j’ai commencé le sport très tôt. Vers l’âge de 6 ans ma mère m’a inscrit au sport. A la maternelle j’étais très bagarreur, sans aucune vocation ni pensée pour la boxe à cet âge là. Donc ma mère m’a dit de trouver un sport, mais elle ne savait pas où m’inscrire. Comme elle voyait que j’étais un peu turbulent, que je bougeais beaucoup, elle m’a emmené à la gymnastique acrobatique, à la GRS. Et donc ma première activité sportive a été la gymnastique : cheval d’arçons, poutres, saltos… toujours à Clichy, à la Vaillante. Je suis venu à Clichy à l’âge de 5 ans. Auparavant, j’habitais dans le 17ème. Cela fait donc 30 ans que je vis à Clichy.

Visvictus : de la GRS au Kick-boxing, il y a un fossé !

Nizar Gallas : oui, tu m’étonnes ! Donc la gym, j’accroche 1 an, je fais mes petits trucs. Et par las suite, avec les copains… tu sais comment ça se passe… on joue dans le quartier au ballon, même dans l’école. Et donc ma mère décide de m’inscrire au football quand je suis en CE1, jusqu’en 6ème. A 13 ans, football en club à Levallois, poste attaquant. Je suis content, tout le monde est content, ça se passe bien… Mais ce qui m’a poussé à arrêté le foot, c’est que quand je perdais, malheureusement je suis mauvais perdant, je mettais tout le temps la faute sur les autres. Je me suis dit il faut que je trouve un sport où je ne peux remettre la faute que sur moi-même. Moi ou mon staff. Sur un ring t’es tout seul : tu ne peux pas remettre la faute sur X ou Y.

Visvictus : mais comment t’est venu le goût pour le Kick-boxing ?

Nizar Gallas : le kick, ça m’est venu sur le tard ! C’est suite à une rencontre que j’ai faite à la maison de quartier de Clichy, où j’ai rencontré une personne, Mr MIRABI, dont je n’ai actuellement plus de nouvelles. C’est un policier, à l’époque c’était un ilotier, donc sur le terrain. Il était entraîneur de boxe et s’entraînait chez les Mezaache en boxe anglaise. Il faisait des animations « découverte boxe anglaise » à la maison de quartier. J’y étais avec les copains. Il ramenait les paires de gants, on faisait un petit ring avec les plots et on boxait. A ce moment là, j’ai découvert ce sport et je me suis dit pourquoi pas essayer…Et grâce à cette personne, on nous a convié à la salle de sport. On avait un peu peur… on était 4-5, on se prenait pour des durs…

Visvictus : vous aviez quel âge ?

Nizar Gallas : je devais avoir 13 ou 12 ans. Donc, la première fois que je rentre dans une salle de boxe. Je rencontre du monde… Franck Mezaache et d’autres boxeurs dont je n’ai plus le nom en tête. Et là tu te dis,  « ah ouais quand même, c’est dur, c’est costaud ce qu’ils font ». Et tu commences à t’entraîner en boxe anglaise, tu apprends les bases, droite, gauche, crochet, uppercut, tout ça. A un moment, je boxe avec un ami, après 6-7 mois de boxe. Il se met en position de garde, mais il se baisse un peu… et instinctivement, je ne sais pas pourquoi, mon genou est parti… Donc je lui mets un coup de genou ! Je te raconte pas comment je me suis fait engueulé… On m’a dit : non, t’es pas prêt, t’es pas mâture… ! J’ai un peu mal pris que l’on me crie dessus devant tout le monde… Donc j’ai pris mon sac et je suis parti et je ne suis plus jamais revenu…

Visvictus : mauvais caractère… !?

Nizar Gallas : mauvais caractère…

Visvictus : réflexion par la suite ou pas ?

Nizar Gallas : enfin, sur le moment, non pas de réflexion. Je me suis dit, il m’a engueulé devant tout le monde, les copains… Sur les 5 du départ, on n’était plus que 2 à la fin : moi et le camarade à qui j’ai donné le coup de genou malheureusement. Et puis j’ai pris du recul par rapport à la boxe. A l’âge de 14-15 ans, tu commences à goûter à d’autres choses, les sorties avec les copains… Tu rentres au collège… J’ai commencé à toucher à d’autres sports : le basket, la natation, le ping-pong… je déteste le ping-pong… mais voilà, c’est l’entourage, les copains, on veut faire comme eu… J’ai un peu tout essayé, même le rugby. J’ai des amis qui sont professionnels, qui jouent au Stade Français, à Toulouse. Et donc, je partage alors un peu cette passion avec eux… Et à l’âge de 19 ans, je reviens de vacances, un peu enrobé (rires)… enfin, je sens que j’ai pris un peu de poids. A l’époque, enrobé c’était 70 kg. Et j’ai un très bon ami qui me dit : « viens, il y a une salle qui vient d’ouvrir à Clichy, c’est du Kick-boxing ! ». Et ma première question en le regardant : « c’est quoi le Kick-boxing ? ». J’en n’avais jamais entendu parler à l’époque sauf dans les fils de J-C Van Damme ! Tu vois, moi, j’appréhendais un peu. Je repensais aux films, Full Contact et tout… Et puis je lui dit ok, on y va ! Mon ami me présente : « c’est Kamel Chouaref, un champion ! ». Et moi, à l’époque, je ne connaissais pas ! Par la suite, j’ai appris à le connaître. Il est devenu mon mentor. Il m’a appris la boxe de A à Z, de 1999 jusqu’à son départ du club, 3-4 ans après, j’étais avec lui ! On est resté toujours en contact.

nizar gallas et kamel chouaref au KC Boxing
Nizar Gallas et Kamel Chouaref au KC Boxing

Il m’a proposé de venir, mais quand tu es jeune tu cherches toujours la simplicité : tu habites à Clichy, tu viens t’entraîner à Clichy… l’autre club est à Villeneuve-la-Garenne, c’est un peu loin, t’as pas de voiture… bref… donc je suis resté à Clichy et un autre groupe s’est formé. Je pensais que ce nouveau groupe allait être solidaire jusqu’au bout. Il y avait Cédric, Gary, moi, bah les copains que tu vois tous les jours. J’ai commencé à boxer classe C,B, A. J’ai gagné des titres de champion de France, en kick, en full. Parce que Kamel m’avait aussi proposé de faire du full contact. Dès la première année, champion de France en kick et full. On m’a proposé des championnats d’Europe amateur, en Angleterre… Ce que je fais avec joie, avec plaisir ! Ce sport, tu vois, c’est avant tout un kif. J’étais épanoui dans ce sport ! Ma première pratique de la boxe, c’était dans le Kick-boxing. Après, full, K1, boxe thaï.

Nizar Gallas vs Velli Bello : K1 France/USA (-70kg) le 09/02/13 lors du Tournoi K1 Rules à Bondoufles
Nizar Gallas vs Villi Bello : K1 France/USA (-70kg) le 09/02/13 lors du Tournoi K1 Rules à Bondoufles

Mais j’ai vraiment une préférence pour le kick.

Visvictus : donc aujourd’hui le kick. Parle-nous de ce sport qui est ta passion, car tu t’entraînes mais tu entraînes également…

Nizar Gallas : alors j’ai entraîné pendant 7 ans dans un club, le KFBC à Clichy. Un club avec qui maintenant on a tous de mauvais rapports. Bon, ça c’est personnel…. Et j’entraînais les enfants, les adultes. Aujourd’hui, j’entraîne à Sannois, des enfants.

Nizar Gallas au Boxing Union Club à Sannois : cours de kick-boxing section enfants
Nizar Gallas au Boxing Union Club à Sannois : cours de kick-boxing section enfants

Et je préfère entraîner des enfants plutôt que des adultes, parce que tu peux inculquer plus facilement la base, faire passer un message, partager mes compétences. Et tu peux voir un jeune publique évoluer, alors que pour une grande personne, la marge de progression est moins importante malgré que tu peux le faire évoluer et progresser tout de même ! Pour un enfant, tu as un parcours et une longévité… Je suis heureux quand je vois un jeune que j’ai formé, devenir champion de France… Tu ne peux être que satisfait de ton travail dans ce cas là, quand tu vois que ça a payé.

Visvictus : et pour toi ? Tes entraînements au quotidien, comment ça se passe ? Comment concilies-tu entraînements et vie professionnelle ?

Nizar Gallas : j’ai de la chance, les entraînements sont en soirée, je travaille dans les bureaux et à 17h30, ma journée est terminée… le temps de rentrer, me changer… Avant, je m’entraînais à 19h. A Levallois, les entraînements sont plus tard, à 20h30. Quand j’ai commencé, je n’avais pas la même fréquence d’entraînements : je m’entraînais 3-4 fois par semaine. Depuis que je suis à Levallois, ce sont des entraînements tous les jours et je cours. Quand on est en préparation pour des titres, ça va être 2 fois voire 3 fois par jour. J’arrive à allier cela avec mon boulot… pendant des heures de pause. Parfois je m’entraîne à Clichy, d’autres à Levallois. J’arrive à trouver une bonne entente avec tout le monde, à rebondir sur tous les terrains.

Visvictus : donc uniquement des entraînements en Kick-boxing ? D’autres sports, activités à côté ?

Nizar Gallas : alors ma préparation a évolué, depuis ta rencontre et celle d’Alain Zankifo. Avant j’étais très axé sur la boxe et une fois par semaine je faisais mon fractionné ou ma course pour gagner un peu plus en fond. Et aujourd’hui, j’ai réappris à m’entraîner, avec différentes activités, par exemple la muscu (rires) tu vois bien je ne suis pas Arnold (rires) ! Donc aujourd’hui, je sais qu’il faut allier la boxe, la muscu, la course, la nutrition, le sommeil… Tous ces facteurs rentrent en jeu dans ta préparation pour être optimal le jour J.

Visvictus : alors juste pour rebondir sur la partie nutrition, car cela me concerne directement… Cela fait 2 ans que nous travaillons ensemble, avant le Victory 1, depuis le titre en K1 à Angoulême (Le Choc des Guerriers 2013)…

richard sylla, nizar gallas, estelle peyn : conference de presse (Evergreen Laurel Hotel à Levallois) pour la ceinture d'Europe au Victory 1
Richard Sylla, Nizar Gallas, Estelle Peyen : conférence de presse (Evergreen Laurel Hotel à Levallois) pour la mise en jeu de la ceinture d’Europe au Victory 1

Tu n’avais jamais fait appel à un professionnel de la nutrition ? Tu te débrouillais par toi-même ?

Nizar Gallas : auparavant, la nutrition pour moi c’était un mot que je ne connaissais pas ! Je l’entendais, comme ça, furtivement… Je faisais n’importe quoi, je faisais des régimes draconiens, où je prenais des petits déjeuners copieux : croissants, pains au chocolats, jus d’orange et tout, puis plus rien jusqu’à la fin de la journée… juste de l’eau et une pomme le soir avant de dormir ! Bon, je perdais du poids, j’étais au poids : je boxais à 67kg, donc j’étais toujours à 66,4- 66,8kg. Mais le jour J j’avais rien mangé, pas de petit déjeuner, rien, la totale ! Et le jour où on m’a présenté à toi, par Youssef Barit, car j’avais posé la question à Levallois…

Visvictus : quel a été pour toi le déclic ? Pourquoi as-tu souhaité t’adresser à un professionnel de la nutrition ?

Nizar Gallas : honnêtement, j’en avais marre de faire ces régimes là, de ne rien mangé ! Je pétais la forme sur 3-4 rounds et le 5ème ou le 6ème …, tout dépend de la prestation que je faisais par rapport au nombre de rounds. Le championnat d’Europe c’était 10 rounds quand même ! 10 fois 2…. Je me rappelle au 8ème, j’étais bien, mais j’ai eu un coup de barre… Physiquement, je me sentais bien, mais les points, je les sentais plus : j’avais pas le même impact !

Nizar Gallas champion d'Europe WAKO PRO
Nizar Gallas champion d’Europe WAKO PRO

Je me suis dit que ça, c’était à travailler, et quand tu boxes à Levallois, à Marcel Cerdan, tu ne peux pas te rater ! Tu es obligé d’être au top du top ! Donc pour être au top, il faut s’entourer des meilleurs… On m’a donné tes coordonnées, j’ai pris contact avec toi, et depuis ce jour-là, question nutrition, tu as changé ma vie ! Parce que je mange ! Et ça m’étonne de le dire : j’arrive à manger 5 fois par jour ! Et deuxième chose qui m’étonne : c’est que ma catégorie c’est 67kg avant de te connaître et tu arrives à me faire descendre à 65 kg. Si je t’écoute, si je fais pas mes petits écarts des fois que tu m’autorises, je pourrais descendre bien plus bas encore ! Et pourquoi pas 63kg.

alain zankifo, richard sylla, nizar gallas
Alain Zankifo, Richard Sylla, Nizar Gallas

D’ailleurs Alain Zankifo n’arrête pas de me le répéter : « 67kg, c’est pas ta catégorie ! ». Bon, après, moi, je me sens bien dans cette catégorie-là… Voilà, c’est un choix. Maintenant, demain, on me propose un grand truc à 63kg, je sais très bien qu’on va le faire… c’est possible. On ne refuse pas ! Une chose très importante : moi, j’ai jamais refusé personne, j’ai jamais choisi un adversaire ! Demain, tu viens, tu me dis c’est lui, on part pour lui. Comme pour le championnat du monde, tu as vu, je n’ai pas choisi une chèvre, comme certains le font… Moi je reste droit dans mes bottes je pense qu’une ceinture ça se mérite. Quand tu l’as, tu sais que tu l’as méritée, que tu ne l’as pas eue par le biais de X ou Y.

Visvictus : alors, on va revenir sur cette ceinture mondiale au Victory2. Défaite sur décision litigieuse… en tous les cas surprenante. Quelle est ton analyse et quelle conclusion tires-tu de ce combat ?

Nizar Gallas : alors, tu vois, j’ai boxé le 13 décembre (2014), et j’ai attendu quand même plus d’un mois avant de regarder le combat. Je n’étais pas prêt à le regarder et je n’avais pas envie de le regarder tout de suite. Aujourd’hui, je n’arrive pas à comprendre la décision : comment on a pu me mettre perdant… ? Bon, la 1ère et la 2ème reprise… la 2ème c’est sûr…  après la 3ème, 4ème, 5ème, c’est pas possible, c’est à moi !

nizar gallas vs kenan gunaydin
Nizar Gallas vs Kenan Gunaydin au Victory 2

Il a 2 avertissements pour coups bas et un 3ème avertissement ne lui pas été donné. Normalement en boxe, avec 3 avertissements c’est disqualification du boxeur ! De toutes les façons, je ne voulais pas en arriver là : si je gagnais, c’était en boxant, je ne fuis pas ! Après, je ne m’attendais pas à un boxeur aussi puissant, parce que les gens ne se rendaient pas compte mais ça frappait : je sentais la foudre dans ses poings. Si tout se passe bien, on est en train de préparer une revanche et je te garantie que je l’attends de pied ferme. Et je serai préparé… Là, je l’étais préparé, mais je vais changer quelques petits trucs. On va améliorer. Sinon, par rapport à ta prestation, tu as vu, j’étais au top, j’étais à 65,4kg, j’étais affuté, en pleine forme… pas de fatigue, c’est ça qui était surprenant ! Parce que lui, à la 3ème, 4ème reprise, ça se voit, il soufflait dans les cordes. Tu me mettais 4 reprises encore, je les faisais facile….

Visvictus : y a-t-il des combattants qui te font ou t’on fait rêver ?

Nizar Gallas : je n’ai jamais eu d’idole en termes de boxe… si tu me demandes quel est le meilleur boxeur à tes yeux, je te réponds Mayweather, bon, c’est de la boxe anglaise. Après, j’ai eu la chance de m’entraîner avec Buakaw. Alors, lui, vraiment, il m’impressionne ! Quand je le vois boxer… Il est plus petit que moi, mais musculairement, il n’y a pas de déchets ! Il a des mollets, on dirait des boules de pétanque ! C’est impressionnant, tu vois la prestation qu’il fait, les entraînements qu’il a… tu te dis : « ah ouais quand même ! ». Après, en termes de boxeurs, on se connaît tous, car cela reste malgré tout un milieu assez restreint. Je les respecte tous, je les admire tous. Déjà, tu sais monter sur un ring… j’admire la personne ! Je respecte cette personne, car ce n’est pas donné à tout le monde. Il y en a qui sont très bons à la salle, et tu les mets sur le ring…

Dans les vestiaires avant de monter sur le ring : mise des bandages. Richard Sylla et Nizar Gallas
Dans les vestiaires avant de monter sur le ring : mise des bandages. Richard Sylla et Nizar Gallas

Sur le ring, tu perds 90% de tes moyens ! Avec 10% restant, c’est le mental qui joue, parce que quand tu as 5000 personnes qui sont soit avec toi ou qui crient contre toi… faut y aller…

Visvictus : qu’est-ce-qui te semble le plus dur dans une préparation pour une rencontre ?

Nizar Gallas : le plus dur, c’est la première semaine… se remettre dedans…reprendre toutes les variantes, les conditions… reprendre les lignes directives c’est un peu dur, quand tu as fait la fête pendant un moment. C’est comme le boulot, quand tu dois reprendre le lundi matin. Après, tu te dis que c’est reparti, on recommence… Moi, ce que je trouve difficile dans notre sport « pieds-poings » ou boxe en général, quand tu as une contrainte sur le poids, c’est le fait de sortir de l’entraînement et de retrouver tes amis, femme, fiancée etc… et la nourriture devient un incontournable : où que tu ailles, tu retrouves toujours quelque chose à manger. Tu vas au ciné, tu as le pop-corn, tu vas là tu as la glace, tu vas au resto… Et quand tu te retrouves avec ces gens-là, et que tu dois faire attention à ceci et que tu leur dis « les gars, ça je peux pas le manger, pour moi ce sera une petite salade ! »… (rires) et encore, la salade, tu dois demander à ce que ce ne soit pas assaisonné parce qu’avec tes contraintes je dois faire super attention à tout… du coup je t’appelle ou je t’envoie un texto « est-ce que je peux manger 80g de pâtes… » (rires) je t’ai même dérangé certains soirs où je t’ai demandé ton avis. Ou bien, je faisais les courses et je te demandais ce que je pouvais prendre… bref, tu vois, ce sont tous ces petits trucs…. Moi, ça me fait plaisir d’avoir tes conseils et tout… mais quand tu es avec des personnes, des proches, on croit que tu fais la tête, que tu ne veux pas sortir, alors que ce n’est pas ça du tout. Par exemple, avec ma fiancée, on ne mange pas toujours ensemble, moi j’expédie tout en 3 minutes… Et ainsi, petit à petit, il y a comme un petit écart qui se fait ! Tu ne fais plus partie du groupe.

Visvictus : en fait, c’est dur et à la salle pendant l’entraînement, et à la maison ?

Nizar Gallas : à la salle, c’est pas que c’est dur. Par ce que, oui le travail est dur en lui-même, mais tu as les encouragements des adhérents et des gens autour de toi ! Tu ne veux pas les décevoir, donc tu te donnes à fond ! Voilà, ces gens-là, ils m’ont aidé dans ma préparation, que ce soit au fractionné ou au sac…

Aziz Khater et Cédric Anad du LSC : dans le coin de Nizar Gallas
Aziz Khater et Cédric Anad du LSC : dans le coin de Nizar Gallas

Il y en a toujours un qui va te tenir le sac et qui va trouver le mot pour te booster… Sur la course, quand on court avec toi… Tu sais, c’est toujours plus facile de courir avec des amis que d’y aller seul, surtout quand il fait froid ! Et puis les sparrings…

Pour moi, la boxe, c’est un sport trop bizarre : vous êtes là à vous taper dessus pendant 5, 10 rounds… et après vous vous tenez dans les bras comme si de rien n’était… Tu vois, pour moi, cet échange, il est magnifique ! C’est pour ça que je ne dirais pas qu’à la salle c’est dur. C’est dur mentalement parce que tu dois te dépasser, tu dois faire un effort pour faire la distinction entre toi et les autres boxeurs ! Mais j’apprécie plus de partager ces moments à la salle plutôt que de me retrouver sur la piste

Nizar Gallas footingNizar Gallas footing
Nizar Gallas footing

ou devant mon assiette !… Malgré que mon assiette est copieuse ! Parce que déjà, il y a des pâtes, des choses à  manger (rires).

Visvictus : pour finir, nous sommes en janvier 2015 avec vraisemblablement une grosse échéance pour la fin de l’année… dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui ?

Nizar Gallas : alors, ça fait déjà plus d’un mois, et ça prendra encore un peu de temps, mais j’étais encore abattu il y a quelques jours, à la suite de ce championnat du Monde. Aujourd’hui, grâce à mon frère qui me soutient, ma famille et toi Estelle qui prend de mes nouvelles…. Voilà, tout ça ça me motive pour revenir, refaire d’autres prestations, montrer ce que je vaux et surtout d’aller chercher ce titre !

Visvictus : que dirais-tu à ton futur adversaire  pour cette ceinture mondiale? On ne sait pas encore qui ce sera alors….

Nizar Gallas : qu’il soit prêt ! J’ai peut-être pas assez insisté ou bien j’ai délaissé certaines choses… Là, je vais être préparé autrement et travailler à 200% ! Le jour J, il faut que cette personne soit une arme de guerre parce que moi, je le serai. J’ai raté une fois le titre chez moi, je le raterai pas une deuxième fois ! Sinon, je souhaite remercier les copains, tous ceux qui m’on entouré et préparé : Richard Sylla, Alain, Zankifo, Aziz, mon frère, tous les membres du club LSC qui me soutiennent tous les jours, tout le public qui était là lors du Victory, ma femme, Toumi, Abdel, toi bien sûr.